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Tete g

Eldorado

Laurent Gaudé
Mise en scène : Paul Balagué

Création : 2020 - Durée : 1h30

Résumé:
Gardien de la citadelle Europe depuis vingt ans, le commandant Salvatore Piracci navigue au large des côtes italiennes pour intercepter les embarcations de migrants. Lassé de sa mission et étranger à lui-même, sa vie bascule le jour où une femme, ancienne migrante sauvée par Piracci, vient le trouver pour lui demander son aide. Pendant ce temps, deux frères partent du Soudan pour tenter le dangereux voyage vers le continent de leur rêve, l’Eldorado européen. Tous sont une goutte d’eau dans l’océan du monde, des ombres dans le désert, des humains éclatants. Sous le soleil éternel malgré la mer qui prend autant qu’elle donne, la quête de ces hommes fait éclater les frontières. Quatre comédiens partent en quête de ces humains qui, malgré le prix à payer, osent se mettre en chemin pour s’inventer une terre promise.

Note du metteur en scène:
On oublie parfois, et hélas assez vite, que ceux qui vivent loin de nous, sont faits de la même chair, des mêmes joies et des mêmes peurs. Qu’ils s’aiment au creux de la nuit et lèvent leurs yeux vers le ciel. C’est une vérité naïve, bête mais essentielle à rappeler.
Car on oublie, oui, et il faut le savoir.
 On oublie beaucoup de choses lorsqu’on ne les reconvoque pas en nous.
On oublie, on tâtonne et on a peur. Et on redevient les enfants qui pleuraient lorsque la lumière s’éteignait, et qui croyaient voir des monstres grouiller autour d’eux.

Alors il faut lutter contre nous-même.
Voyager à l’intérieur d’autres peaux, d’autres langues.
Se découvrir dans les autres si semblables, si multiples.
Décontenancé de se voir dans ce miroir de chair, et se tomber dans les bras.
C’est une prescription d’humanité.
 Voilà ce que nous propose Laurent Gaudé dans Eldorado.

Au delà des discours d’hommes en cravate, des raisons nationales, du respect des lignes tracées dans le désert, il parle des lois plus profondes de l’humanité.
De celles qui disent qu’une embarcation perdue en mer n’a pas de pays, qu’un homme qui a soif peut boire à la source, qu’une tête fatiguée peut trouver une épaule.
Il raconte ceux qui tentent d’atteindre, malgré le prix, une terre promise. Il raconte les affres de ceux qui portent secours, les angoisses de ceux qui se perdent ou hésitent en chemin. Il fait parler Salvatore, et la femme sans nom, Soleiman, Jamal, Boubakar, Angelo. Il fait vivre de simples humains sous le soleil brûlant.

Il nous dit : « Venez, et écoutez. »

Alors réunissons nous. Et nous, comédiens, mettons nous à la table. Car ici, autour de cette table, remplie de sable, d’eau, de micros et de mots, nous allons témoigner, porter des voix, en incarner d’autres ; faire revivre les uns, enterrer les autres et conter cette histoire du commandant Salvatore, fatigué comme l’Europe, et de Soleiman, vibrant comme le monde.
Nous allons parler du soleil qui se lève et du bien que fait le regard d’un ami. De la mer qui se déchaine et de l’horreur des mots qui restent bloqués dans la gorge.
On va parler de nous, encore une fois, et voyager loin.
Ce sera un voyage sans bouger, un monde dans un verre d’eau, un moment au coin du feu, un rituel pour tous.
 Et demain, bien sûr, le soleil se lèvera quoi qu’il arrive, mais nous aurons été ensemble.
Paul Balagué

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